Histoires de vie

POURQUOI RACONTER CES HISTOIRES DE VIE ?

Ces histoires racontées sont vraies et partagées pour que des personnes se sentent émues et mues par un élan d’agir. « Faire quelque chose »… Car bien-sûr ON PEUT Y FAIRE QUELQUE CHOSE !

Des personnes « de terrain » rencontrées ici et ailleurs en témoignent assurément.
De belles actions sont menées chaque jour.
Les miracles arrivent ici, dans la rue , dans les villages, dans les camps de réfugiés.

Gageons de nous rencontrer et de devenir un maillon de cette chaîne de Compassion, et surtout d’actions !

Histoire de Mayna

Mayna tout sourire!

« L’HISTOIRE DE MAYNA NE PEUT S’INVENTER »

Mayna vit dans un foyer intergénérationnel de Dhaka, capitale du Bangladesh. C’est comme cela que l’on en parlerait en Occident, pour faire « light »…

Dans la réalité, Mayna est la seule enfant de ce centre qui est une véritable mouroir pour personne âgées – 44 au total-.

Mayna a 3 ans, les autres pensionnaires sont sans âge, sinon celui de mourir avec un peu de dignité…

Mayna a 3 ans, elle en fait à peine 1.

Comme les autres hébergés, c’est une recueillie de la rue, où elle a été probablement abandonnée par une mère qu’on ne saurait juger puisqu’on ne connaît pas son histoire de vie, dans ce pays où la place de la femme est loin d’être respectée et valorisée. Sans doute même l’a-t-elle sauvée par ce geste. D’autres histoires ont des issues (encore) plus dramatiques…

Mayna est désormais en sécurité et a « toute la vie devant elle » !… Même si le rose n’est pas la couleur que je choisirais d’emblée pour décrire sa vie actuelle et à venir…

Mayna a un handicap mental qui « frappe » au premier regard. Pour avoir pris Mayna dans mes bras et l’avoir sollicitée avec attention, pour avoir stimulé ses réactions, en « vieux travailleur social » que je suis, je dirais que son handicap mental est léger, pour peu qu’une rééducation adaptée s’en suive désormais et rapidement.

Mayna a dû rester longtemps sans se mouvoir ; je l’imagine cachée et prostrée, comme une honte de la famille – le handicap est ainsi vu ici dans certaines couches de la population – . Ses membres inférieurs sont très fragiles et ont peine à maintenir debout ce corps frêle. Mais le directeur est formel : Mayna bénficie d’une rééducation et elle marchera d’ici quelques mois.

Mayna a souri et même ri quand je l’ai portée haut dans mes bras en la chatouillant doucettement. Elle a souri et ri comme l’aurait fait tout enfant du Monde.

Car Mayna est une enfant du Monde. Certes d’un monde différent… mais pas tant…

Situation de Mayna (octobre 2019) : Malgré l’intervention de notre partenaire local et directeur d’un foyer d’accueil d’enfants des rues de Dhaka, il n’a pas été possible d’accueillir Mayna dans ce lieu qui lui aurait permis d’être stimulée et entourée d’autres enfants, dans un cadre plus adapté à son âge et son handicap…

Histoire de Tamana

Tamana en consultation, centre de santé primaire – BGS NGO – Matarbari Bangladesh

TAMANA A 8 ANS

En août 2018, ma formation de coordinateur de projets en Développement m’amène à effectuer le stage de terrain au Bangladesh. C’est une vraie motivation, tant je connais les besoins de ce pays en termes de”Solidarité internationale”…

Engagé sur des missions ayant trait à l’accès à l’eau des populations locales, le travailleur social dont je traîne le passé n’est jamais très loin…

C’est ainsi que par un matin très chaud, je me retrouve en présence d’enfants de maternelle, dans une école gérée par l’ONG avec laquelle je collabore.
Dans cette pièce de 12 m2 faite de bambous et tôles, 20 enfants apprennent à lire, compter, les bases de la vie collective.

Tamana est assise sur le banc à droite, penchée sur son cahier. Elle attire mon attention par sa difficulté à lire et bien voir autour d’elle, malgré l’effort qu’elle y met. Ses yeux à demi fermés clignent sans cesse. Je m’enquière de sa situation, auprès de mon accompagnateur et de la maîtresse.
Jusqu’à maintenant, personne ne s’est vraiment penché sur cette difficulté de Tamana.

A ma demande, je rencontre le lendemain Tamana et son père, au centre de santé primaire de l’ONG, en présence du médecin de ce centre.
Le médecin décèle effectivement un problème de vision, sans pouvoir le diagnostiquer exactement,car il n’est pas spécialiste des yeux. C’est pourquoi il suggère que Tamana soit auscultée par un médecin expert à Chittagong, la grande ville à des kilomètres du village.

Le père explique qu’il a déjà fait suivre sa fille, que cela l’a endetté, qu’il ne parvient actuellement à faire davantage pour la santé visuelle de sa fille.
Le voyage, la consultation, le séjour sur place, les éventuels soins coûtent chers et ne sont pas dans les moyens de la famille. Le père est inquiet pour sa fille qu’il voudrait aider autant qu’il le peut.

Ce n’est ni dans les missions, ni dans les moyens de l’ONG de pourvoir aux besoins de soins externes des patients du centre de santé.
Pourtant, il y a urgence, au moins de diagnostiquer cette carence de vision.

Je propose spontanément une aide financière par le biais de mon auto-entreprise, sous forme de mécénat. Nous aviserons ensuite…

Entre-temps je repars en Inde, puis reviens poursuivre les actions ici.
En octobre, je rencontre à nouveau Tamana , cette fois avec ses deux parents et l’équipe de l’ONG: Tamana est bien allée à Chittagong.

Tamana souffre de photophobie, ce qui explique qu’elle cligne sans cesse les yeux. Elle a également un problème pour voir de près et a besoin de se pencher sur son cahier pour lire ou écrire.
Tamana bénéficie de lunettes avec des verres adaptés.

Je complémente ma première donation pour parvenir à couvrir tous les soins, y compris ceux à venir, car Tamana doit encore voir le spécialiste pour suivre la progression de la correction mise en place.
Je rencontre de nouveau Tamana les jours suivants, en visitant son hameau où nous procédons à l’installation d’une pompe pour que les familles alentours bénéficient d’une eau de boisson potable.

En revenant en avril sur ce même territoire poursuivre les projets en cours, je revois Tamana, qui va bien, améliore ses capacités d’apprentissage, nous explique sa maîtresse.
Son père, reconnaissant, nous apporte du poisson qu’il vend habituellement au marché., le fameux Ilish, très “tasty”!

Tamana va désormais à Chittagong en surveillance tous les 4 mois, elle n’a pas besoin de médication particulière. Les verres correcteurs sont bien adaptés.

Pour exercer ses yeux, il est conseillé par le spécialiste que Tamana s’entraîne à dessiner, à écrire. Dans l’enthousiasme de ces bonnes nouvelles, nous allons vite à la librairie du village, acheter cahier de coloriage, crayons et gomme, cahier d’écriture, livre d’apprentissage, ce qui complètera assurément ses apprentissages de base dans son école.

Tamana peut suivre sa scolarité dans de bonnes conditions.
Les parents peuvent désormais assumer les prochains soins plus basiques.

ça c’est fait….
So glad for Tamana!!! His father too…

Achat de livres pour motiver la lecture par Tamana
Tamana avec son père, son frère et Jahangir le “facilitateur” local – BGS NGO

Situation de Tamana (mars 2020): Tamana va très bien et poursuit sa scolarité dans de meilleures conditions; ses problèmes de vue sont résolus grâce au port des lunettes, il n’y a pas de soins supplémentaires à prévoir.